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Histoire du village

Une avant-guerre patriotique

UNE AVANT-GUERRE PATRIOTIQUE.

11 Novembre 1918 : l’Allemagne capitule à Rethondes, l’Alsace-Lorraine retrouve la Patrie française après un demi-siècle de séparation. Ce retour dans le giron de la France pose un cruel problème à de nombreux alsaciens-lorrains : comment fêter la victoire quand on a combattu dans l’armée vaincue ? Comment se retrouver quand, dans une même famille, les uns ont combattu dans l’armée française et les autres dans l’armée allemande ?

Il y avait un patriotisme à reconstruire, une paix intérieure à retrouver. Attentif à fêter la victoire sans froisser la susceptibilité des uns et des autres, le Conseil Municipal d’Abreschviller, au cours de sa réunion du 26 Janvier 1919, décida de planter un arbre de la Liberté dans la cour de l’école “à l’occasion d’une fête communale précédée d’un service pour nos martyres libérateurs”.

Avant de reconstruire la paix entre les vivants, il était nécessaire de l’établir d’abord entre les morts.

Suite aux batailles d’Août 1914, de nombreuses tombes provisoires de soldats français et allemands étaient disséminées sur le territoire de la commune. Cette dispersion n’était ni saine ni respectueuse. Il était nécessaire d’exhumer ces corps, de les identifier et de les regrouper dans des nécropoles.

En Janvier 1920, il fut cécidé de créer un cimetière militaire : le Conseil Municipal se porta acquéreur de terrains sur la route de La Valette et proposa de prendre en charge l’entretien de cette nécropole où reposent 464 soldats français et 370 soldats allemands. Bien que les travaux ne fussent pas terminés, l’inauguration eut lieu le 8 Mai 1921.

En février 1921, le Conseil Municipal vota un budget de 10.000 Fr. pour ériger un monument aux morts : une commission fut chargée, sous l’autorité du Maire Max Demange, d’en choisir le plan et de demander aux autorités militaires quelques trophées pour le décorer : ainsi fut érigé un obélisque, entouré de huit mortiers de tranchée allemands, sur lequel furent inscrits les noms des 36 victimes du conflit.

Après un demi-siècle d’éloignement de la France, il était indispensable de reconstruire un patriotisme français : ce fut l’oeuvre des associations et du clergé catholique qui, durant l’Annexion, s’était beaucoup investi dans la défense de la langue française.

La Société de Musique “La Vosgienne” fut créée au printemps 1921. Forte d’une trentaine de musiciens sous la baguette d’Edouard Gasser, son développement fut rapide, et elle participa avec un grand dévouement à toutes les manifestations organisées par la Municipalité et les autres associations.

Le 19 Juillet 1921, le Commissariat Général de la République Française agréa la “Société Sportive d’Abreschviller” à laquelle le Conseil Municipal vota, dans sa séance du 30 Août 1921, une subvention de 1.000 Fr pour l’achat de ses premiers équipements. Les statuts de cette nouvelle association ne furent acceptés par une Assemblée Générale que le 11 Janvier 1925. Ces statuts définissaient clairement les buts poursuivis par ses fondateurs :
-Art. 1 :” ...dans l’intérêt de la race (1), de la famille et de la Patrie, la Société a pour but d’offrir, à la jeunesse les moyens de développement physique et les aventages de la Préparation Militaire, et aux anciens une récréation utile... Toute discussion politique ou religieuse est interdite...”.
-Art. 2 : “...nul ne peut faire partie de la Société s’il n’est français et ne jouit de ses droits civiques et patriotiques...”.

L’Assemblée Générale, tenue dans la Salle des Adjudications de la Mairie, choisit comme Président Monsieur Gustave ADANG, Directeur de l’école des garçons.

Le Maire, l’Inspecteur des Eaux et Forêts (2) et le Curé, l’Abbé Viville, furent déclarés “Présidents d’Honneur”, le Chef de Musique et le Commandant des Pompiers furent élus vice-présidents. Ces choix faisaient de la nouvelle Association le lieu de rencontre des responsables d’autres organisations et administrations désireuses d’oeuvrer ensemble pour le bien de la collectivité.

Jusqu’en 1935, les effectifs de l’Association Sportive furent remarquablement stables :
-de 90 à 100 membres actifs ;
-de 15 à 25 candidats à la Préparation Militaire ;
-de 15 à 20 pupilles ;
-de 80 à 90 membres d’honneur,
c’est-à-dire, de 200 à 235 membres chaque année.

La Salle des Fêtes était terminée, mais le village n’avait pas de terrain de sport : le 31 Janvier 1925, le Conseil Municipal décida d’acquérir, pour la Société Sportive, un terrain de 50 ares au lieu-dit “ le Vieux-Moulin”, près de l’Etang de la Forge. Avec l’aide des industriels du village, ce terrain fut remblayé, aplani et aménagé. Cette “Place des Sports” fut plus tard agrandie pour devenir un terrain de foot-ball. Dès les années 20, cet ensemble sportif fut complété par un terrain de tennis dont il ne reste aujourd’hui que les fondations à l’entrée de la “Basse de la Rouge”.

Grâce à l’aide des Eaux et Forêts, un stand de tir fut aménagé dans la “Basse de la Rouge” : le sol fut dégagé de sa végétation, aplani, remblayé et six pas de tir furent aménagés ; ce stand fut inauguré le 24 Mai 1925. Plus tard, une petite construction en bois permit de déposer le matériel de l’Association et éventuellement de servir de buvette lors des manifestations sportives que la Société organisa chaque année au mois de juin ou juillet, avec le concours de toutes les Associations du village et des environs.

La première fête eut lieu le 11 Juillet 1926. Y étaient invitées les huit Sociétés d’ Education Physique, de Préparation Militaire et de Tir de l’arrondissement de Sarrebourg, avec la participation de la Société de Musique “La Vosgienne”.

C’est sous les applaudissements d’une foule importante de spectateurs que se déroulèrent les épreuves de gymnastique et d’athlétisme : courses de 100 et 1.500 m. , sauts en hauteur, en longueur et à la perche, lancers de poids et de disques. Au stand de tir, les participants tirèrent à la carabine à 10 m. et au fusil Lebel à 120 m., les cartouches étant fournies par l’Armée sous le contrôle d’un officier de la garnison de Sarrebourg.

Cette première fête eut un succès considérable dont la presse régionnale se fit l’écho.

En 1927, le Comité organisa une série de concours de tir, tous les dimanches de juin, réservés aux associations de l’arrondissement de Sarrebourg ; une grande fête sportive réunit toutes les associations le 3 Juillet. Ces fêtes étaient très populaires, et, en 1931, le concours de tir devint régionnal grâce à une subvention du gouvernement permettant d’améliorer le stand de tir.

Le succès de ces fêtes fut constant jusqu’en 1932, puis un certain essouflement se manifesta, les jeunes gens de l’Association désiraient un renouvellement des activités : ainsi apparut le foot-ball qui entra à l’Association un peu “par effraction”.

L’année 1937 marqua un tournant dans la vie de la Sportive d’Abreschviller : le Président, Monsieur ADANG, se considérant “trop vieux” pour cette fonction, laissa la place à Pierre COURTOIS. Depuis 1928, un groupe de jeunes désirait pratiquer le foot-ball ; le renouvellement du Comité permit au foot-ball de s’imposer.

Sous la conduite de Henri FOERSTER, un groupe de jeunes de la Préparation Militaire décida d’organiser à Abreschviller un tournoi de foot-ball le 6 Juin 1937. Il fallut adapter la Place des Sports à la pratique de ce nouveau sport : il n’y avait qu’une équipe dont Fernand NOPRE était le capitaine. Ce tournoi fut un succès et, l’année suivante, le 15 Mai 1938, un tournoi opposa les équipes de huit villages de la région : le foot-ball était lancé.

La Sportive d’Abreschviller organisait aussi des soirées récréatives dont le succès ne se démentit pas jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Le 14 Avril 1925, le Comité se réunit et décida d’organiser une première soirée récréative le 11 Octobre, après un concours de tir qui aurait lieu l’après-midi. Le Comité proposa d’organiser “un petit bal de famille” après la représentation : Monsieur le Curé s’y opposa, la question fut mise aux voix et, à l’unanimité, le Comité décida une soirée sans bal.

Mais, lors de la réunion du Comité du 31 Octobre 1925, le Président annonça la décision de Monsieur le Curé Viville de démissionner du Comité. Une soirée récréative fut décidée pour le lendemain de Noël 1925, suivie d’un “petit bal de famille”. Puis, Monsieur le Curé revint sur sa décision prise probablement dans un mouvement d’humeur. Désormais, chaque soirée fut suivie d’un bal.

Ces soirées, auxquelles “La Vosgienne” participait régulièrement, mêlaient musique, chants et pièces de théâtre, généralement des petits vaudeville ou des drames patriotiques. On y joua cependant des pièces un peu plus consistantes de Botrel (“Le mystère de Keravel”), d’Erckmann-Chatrian (“Les Rantzau”, “L’Ami Fritz”, ...) et de E. Haraucourt (“Les Oberlé”, d’après le roman de R. Bazin)...

Il y avait généralement deux soirées récréatives par an, mais, tout à l’enthousiasme de ses débuts, la Société en donna quatre en 1926 (7 Février-25 Avril- 10 Octobre et le 26 Décembre). De même qu’il n’y avait que peu de femmes parmi les adhérents, il y avait peu de rôles féminins.

La Société Sportive étant de plus en plus tournée vers le tir et le foot-ball, la Paroisse prit l’initiative de fonder, le 4 Mars 1938, une nouvelle société : “L’Association Saint-Pierre-aux-Liens”, du nom du Patron de la Paroisse. Les buts en étaient ainsi définis : “...promouvoir ... la culture populaire de toute nature, la formation morale, l’étude du chant et des sciences pratiques...elle organise des conférences, des représentations théâtrales ... des rencontres de groupes de jeunes...”.

Mais la guerre était imminente et l’Association n’eut pas le temps de mettre en place quelque activité. Elle resta en sommeil jusqu’en 1973, lorsque l’Abbé STAUDT, Curé d’Abreschviller, la réveilla pour créer le “Foyer des Jeunes” qui devint plus tard le “Foyer Alexandre-Chatrian”.

Lorsque la Guerre éclata, lorsque la région fut à nouveau annexée, la population d’Abreschviller était psychologiquement prête à affronter ces temps difficiles : pendant vingt ans, sa jeunesse avait été élevée dans un patriotisme exigeant éclairé par une foi religieuse sincère. Ainsi s’explique le rejet du nazisme et le peu de succès des recruteurs de la “Hitler Jungen” et autres organisations de jeunesse nazies, mais aussi le refus de nombreux jeunes gens de servir dans la Wehrmacht et l’attitude de la population face à l’occupant.

Notes.
(1) Race : Il convient de prendre ce mot dans une de ses acceptions anciennes de “membre d’un même peuple” et non comme la désignation d’un certain type humain.
(2) En 1966, les “Eaux et Forêts” furent remplacés par l’”Office National des Forêts”-O.N.F. lorsque la gestion des “Eaux” (rivières, lacs et étangs,...) fut séparée de la gestion des forêts et confiée au Génie Rural.

Membres actifs-1931- (document complet)
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Membres honoraires-1931- (document complet)
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Soirée du 10/10/26 (document complet)
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Acteurs du 10/10/1926 (document complet)
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Soirée du 16/12/29- (document complet)
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Acteurs du 26/12/29 (document complet)
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Le Président ADANG-1929- (document complet)
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Défilé des gymnastes-1929- (document complet)
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Le stand de tir-1929- (document complet)
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