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Histoire du village

NOTRE APRÈS-GUERRE À ABRESCHVILLER

CHAPITRE 7

NOTRE JEUNESSE D’APRÈS GUERRE A ABRESCHVILLER
(1945-1960)

Le lecteur permettra-t-il à l’auteur d’abandonner, le temps d’un chapitre,
l’austérité des documents historiques pour les délices de la nostalgie de son enfance ?

Nous qui sommes nés pendant la Seconde Guerre Mondiale, nous avons connu, jusque vers 1960, un monde semblable à celui de la jeunesse de nos parents : les conséquences matérielles et morales d’un conflit impitoyable, la reconstruction du pays et les espoirs qui l’accompagnaient, des conditions de vie voisines de celles du début du XX° siècle. Nous parlions de l’An 2000 comme d’un paradis promis à tous !

On pourrait résumer la situation de ces années-là d’une formule lapidaire : “Les magasins étaient vides et les églises étaient pleines”.

La première Rentrée scolaire de la France libérée se fit le 1° Octobre 1945. Les plus grands se trouvaient dans une situation paradoxale : la langue dans laquelle ils avaient fait leurs études jusqu’alors, dans laquelle ils avaient appris à lire et à écrire, l’Allemand, était interdite à l’école ! Leur dernière année d’école allemande avait été perturbée, de “Vacances d’Invasion” en reprises provisoires, ils n’avaient pas eu la tête
à l’étude. Il fallut le dévouement, la rigueur et l’autorité des Maîtres pour compenser ce handicap.

Les plus jeunes d’entre nous rejoignirent l’Ecole Maternelle (“l’Asile”, comme on disait encore à cette époque). Madame Discher, secondée par Jeannette Muller, accueillait garçons et filles dans une salle du rez-de-chaussée de l’école. Ils étaient répartis en deux groupes : les tout-petits “dans les tables” et les plus grands “dans les bancs”.

L’école des garçons occupait deux salles dans la partie gauche de lécole, les
filles occupaient la partie droite. La cour était coupée en deux par une frontière aussi invisible qu’inviolable : les enseignants de chaque école veillaient au respect absolu de leur territoire. Un ballon perdu dans le cour des filles n’était rendu que difficilement par les Soeurs enseignantes. Une balle allant dans l’autre sens donnait lieu aux mêmes incidents de frontières.

Nos Maîtres avaient un passé récent très caractéristique de l’histoire de notre village. Jeannette Muller était rentrée depuis peu du camp du Pays des Sudètes où sa famille avait été déportée en 1943. Soeur Céleste et Soeur Mathieu (que nous appelions irrévérencieusement “la Quetsch” parce que ce mot rappelait le mot allemand “Schwester” que nous n’avions pas le droit de prononcer) avaient accompagné les expulsés à Romans pendant toute la guerre. Emile Lallemand, jeune instituteur chargé du Cours Préparatoire et du Cours Elémentaire, avait fui la Wehrmacht en 1943 pour
rejoindre la Résistance, puis s’était engagé au 16° Bataillon de Rangers avec lequel il s’était battu pour la libération des poches de Lorient et de Saint-Nazaire. Quant à Monsieur Adang, le directeur de l’Ecole des Garçons, il avait continué à assurer son service pendant toute l’Occupation, de même que Mademoiselle Braun qui régnait sur la classe unique de la Chapelle-Ecole de Grand-Soldat.

De quoi parlaient donc ces Maîtres au cours de leurs allers et retours pendant les récréations ? Se comprenaient-ils ? Nous, les enfants, n’en avons jamais rien su : nos Maîtres étaient impénétrables, leur autorité incontestée même si leur pédagogie était parfois un peu “rugueuse”. En Octobre 1948, Monsieur Charles Kippert succéda à Monsieur Lallemand. Il fit toute sa carrière à Abreschviller et assura pendant de longues
années le Secrétariat de la Mairie.

Chaque classe comptait une trentaine d’élèves. Nous allions à l’école tous les jours, de 8 h. à 11 h. et de 13 h. à 16 h., sauf le jeudi. Etant en pays concordataire, deux fois par semaine, notre Curé, l’Abbé Bellot, faisait le cathéchisme à l’école. Nos camarades protestants en étaient dispensés et nous les regardions quitter la salle de classe avec envie.

Le dimanche, tout le monde allait à la grand messe de 10 heures, les garçons à droite, les filles à gauche, surveillées par Soeur Céleste et Soeur Mathieu. Monsieur Kubler, le Suisse, accompagnait les jeunes filles qui faisaient la quête en faisant glisser sa canne sur le sol de l’église avec beaucoup de talent. Il assurait l’ordre et distribuait généreusement de douloureux coups de sa canne à pommeau d’argent aux garnements
qui chahutaient.

Le dimanche après-midi, l’Abbé Bellot organisait parfois des séances de cinéma dans l’une salle du presbytère quand il faisait froid, ou dans la baraque en bois qui jouxtait l’église. Mais, l’accès à ces séances n’était ouvert qu’aux enfants qui avaient participé aux vêpres. Et c’était pendant les vêpres que la canne à pommeau d’argent
était la plus active.

A l’école, parfois, Monsieur Kippert nous projetait des films le samedi après-midi : nous avons tremblé en regardant “Premier de Cordée” tiré du roman de Frison-Roche, et vibré de bonheur aux aventures de “Rintintin”. Les films étaient muets et en noir et blanc, mais nous étions fascinés. Nous pouvions assister à des séances de cinéma le samedi soir au “Café
Alsacien” : les films étaient parlants et parfois en couleur. Les adultes et les amoureux s’installaient au fond, sur des chaises, et nous, les enfants, étions devant, le nez sur l’écran, sur des bancs. Pendant des semaines, nous avons ri de “Laurel et Hardy, têtes de pioche” et des “Trois Stooges”. Nous avions adoré Eroll Flynn dans “ L’Aigle des Mers”, Burt Lancaster dans “Les révoltés d’Alcatraz” et nous hurlions de joie lorsque le 7° de Cavalerie venait sauver “Fort Apache” ! Seuls, les amoureux du fond ne protestaient pas lorsque nous nous levions pour clamer notre enthousiasme et cachions
ainsi l’image sur l’écran.

Par tous les temps, et quel que fut notre éloignement, nous allions à l’école à pied. Le pantalon était inconnu, et nous étions en “courte culotte” toute l’année. Nos vêtements étaient tous de marque “Home Made”, tricotés et taillés par nos mères et grand-mères. L’élégance n’était pas un impératif pour nous, nous ne craignions que le froid, les pieds mouillés et les coups de baguettes du Maître : notre copain Gérard avait cru trouver une parade en garnissant son fond de culotte d !une plaque de cuir subtilisée à son père.

Le jeudi était le jour des règlements de compte entre bandes de gamins ; les hostilités commençaient souvent le mercredi par des menaces : on se jetait des regards noirs, on crachait sur notre poing en chuchotant : “Tu vas voir ta g...” Après quelques escarmouches à la sortie, on reportait l’affrontement au lendemain. Pierre-Paul et la bande de la Culée (prononcez “Quilaille”) régnait sur le Rond d’Arbres, que d’aucuns
rêvaient de lui ravir afin de le défendre contre d’autres envahisseurs. François et Yves tendaient des embuscades, et Clément agressait tout le monde. Hugues grognait, Bruno et Pierre-Marie se moquaient de tout le monde, et Jean-Claude se demandait toujours de quoi il s !agissait ?

La paix ne revenait qu’avec le printemps, lorsque tout ce petit monde était
réquisitionné par les parents pour garder les vaches, travailler aux champs, dans les jardins ou en forêt. De nombreuses familles d !Abreschviller complétaient leurs revenus par l’élevage de quelques vaches, d’un ou deux cochons et d’une basse-cour. Ceux qui n’avaient pas de vache à garder partageaient cette occupation avec ceux qui en avaient : c’était
l’occasion de s’éloigner du regard familial. Et c’était une occupation fort “culturelle” ; nous partions en début d’après-midi, la cougie (1) à la main, les cendriers (2) sous le bras et de vieilles revues souvent relues dans un sac : “Tarzan”, “Fripounet et Marisette” et “Tintin”. Nous montions une “tente” avec les cendriers, allumions un feu, lisions et oublions les vaches !

Nous faisions parfois le chemin de l’école sur un chargement de grumes tirées par des chevaux ou des boeufs. Nous nous balancions sur la grume la plus longue et payions notre transport en tournant la manivelle du frein lorsque l’attelage abordait une descente un peu forte. Le voiturier criait : “Serre la mécanique, gamin !”, ce qui lui évitait de descendre de sa place pour le faire lui-même.

Camions et automobiles étaient rares. Aussi, quand il y avait de la neige, nous montions parfois au cimetière avec nos luges et descendions à plat - ventre sur nos bolides jusqu !à la gare, en coupant la route sans nous arrêter. Monsieur Kippert nous autorisait parfois à venir à l’école avec nos luges et nous faisions une sortie de “schlitte” (3) en forêt.

Nous étions rarement malades. Peut-être la “gastro” n’avait-elle pas encore été inventée ? Nous avions surtout peur des visites du Docteur Bussienne qui nous infligeait d’abominables médicaments et nous confinait dans nos chambres, sans copain, jusqu’à total rétablissement. Nos Maîtres contrôlaient souvent nos tignasses pour détecter d’éventuels poux et n’en ont jamais trouvé sur qui que ce soit !

Au printemps, nous allions chercher des hannetons dans les marronniers de la place de l’église. Nous les mettions dans des boites d !allumettes et les lâchions en classe, téléguidés par un fil attaché à une patte. Ce jeu nous lassait assez vite car la répression était féroce. Nous n’avons jamais trouvé de hannetons silencieux : ils faisaient autant de bruit qu !un bombardier !

Avec le beau temps, revenait le temps de billes. Elles apparaissaient d !abord à l’épicerie Souchon et chez le coiffeur, Monsieur Casse. Il y avait deux sortes de billes : les billes de couleur en terre cuite et les billes en verre : les “poqueuses”. Une bonne “poqueuse” (il y en avait des meilleures que d’autres pour des raisons encore non éclaircies à ce jour) valait plusieurs billes de couleurs selon une cote dont la logique échappait à tout le monde. On jouait au “triangle” ou au “pot”. Ce dernier jeu ne se jouait
que près du monument aux morts, en sortant de l !école, car on pouvait y creuser un “pot” dans la terre, ce qui n !était pas possibles dans la cour de l’école où on ne jouait qu’au “triangle”. Le Maître mettait fin à la récréation sans attendre que nous ayons mis nos comptes à jour et, sans le savoir, était responsable de conflits que personne ne maîtrisait plus.

Nos Maîtres étaient sévères, mais jamais nous ne les aurions échangés contre la Soeur Céleste ou la Soeur Mathieu dont le seul regard, à l’église, nous glaçait. Un de nos meilleurs souvenirs : les leçons de chant de Monsieur Adang. Il s’accompagnait au violon et tenait son archet comme la baguette d !un chef d !orchestre. Mais il fallait d’abord accorder l’instrument que Pierre-Marie, son “homme de confiance” chargé de le ranger après usage, avait subrepticement et gravement désaccordé. Nous gagnions ainsi quelques précieuses minutes. En fin d’année, les leçons de chant se
multipliaient...

Le printemps était inauguré par “l’Ascension” à Saint-Quirin (4). Nous en
rapportions des tortues, des souris plus ou moins blanches, et des pétards qui nous servaient lors de nos combats au “Rond d !Arbre”. En juin, la procession de la Fête-Dieu se faisait en deux dimanches : le premier dimanche, la procession se faisait vers la route de Sarrebourg, le deuxième vers le Donon. Sur le parcours, les riverains établissaient des reposoirs où la procession ’ !arrêtait quelques instants, le temps pour le prêtre de se reposer en y déposant l’ostensoir. Le suisse ouvrait la marche, suivi des
petites filles vêtues de blanc, qui jetaient des pétales de roses, les garçons suivaient sous le regard suspicieux des Soeurs, puis venaient les pompiers qui portaient le dais au-dessus du prêtre, et enfin la foule des fidèles. Nous récitions les litanies des Saints, en latin.

Nous aimions bien le latin : ça faisait “église”. Pendant la Semaine Sainte, quand nous “crecelions” (5), nous hurlions de bon coeur : “O filii et filiae...”, mais la suite était en français (pour être mieux compris) : “Et si vos poules ont bien pondu, vous donnerez, bien entendu, un oeuf au panier que voilà. Alléluia”.

La Messe de Minuit était notre messe préférée : en soutanelle rouge et surplis blanc, nous avions fière allure, une lanterne à la main. Mais trois messes de suite, c !était long...Nous luttions contre le sommeil en songeant aux cadeaux qui nous attendaient. Et les chants étaient si beaux... Nous frissonnions quand Pierre Lutz chantait “Minuit chrétiens”.

En juin, c’était le temps des foins : ça sentait bon l’été. Les hommes fauchaient à la faux et les femmes fanaient avec des râteaux en bois. Nous aidions à charger le foin sur les chariots à boeufs.

Les vacances d’été commençaient le 14 Juillet pour se terminer le 1° Octobre. Toutes les classes préparaient un spectacle qui était donné après la messe du 14 Juillet devant le Maire et les Conseiller, le Curé et le Vicaire, et tous les parents. Les classes de Monsieur Adang présentaient des chants. Monsieur Kippert préférait les fables de La Fontaine. Nous aussi. Certaines nous ont laissé des souvenirs... Ah, la préparation du “Meunier, son fils et l’âne” ! Que de fous rires lorsque les deux parties de l’âne se séparaient à chaque tentative pour le suspendre à une perche ! Et “Le Corbeau et le Renard” ! Vincent, équipé d !une queue de renard fournie
par Monsieur Demangeat, l’épée au côté et le chapeau à la main, faisant des révérences à Pierre-Paul agrippé à une branche d’arbre fixée au mur de la scène de la Salle des Fêtes, et tenant une boite de camembert dans un bec de carton !

Et lorsque nous avons chanté “Là haut sur la montagne...”, la maquette du chalet ne voulait pas s’effondrer malgré les efforts du préposé ! Et les concours de fausses notes lorsque nous répétions “Au fond des bois, j’aime la voix du cor qui retentit...”A trois voix, plus quelques clandestines, quel succès !

Nous étions insouciants et n’imaginions pas que la vie de nos parents était si difficile... Il n’y avait ni voiture, ni téléphone...La lessive était faite au lavoir, été comme hiver. Gaston Coutet avait chanté “Ma pauvre mère est en lessive, maman, ton mauvais gars arrive au bon moment...”. Dans les années 60, la machine à laver a été la plus belle invention pour les mères de familles. Les salles de bain étaient rares et les WC étaient souvent dans la cour. Le confort était une espérance.

La radio entrait dans les foyers. Autour de la table familiale, en jouant aux cartes ou au “Monopoly”, on écoutait “La famille Duraton”, “Quitte ou Double” ou “Reine d !un Jour”. La publicité s’appelait encore les “réclames” et devenait déjà abrutissante : “Dop, Dop, Dop, tout le monde adopte Dop”.

Le "Certif" en poche, les adolescents entraient dans le monde du travail. Certains entraient en 6° après un examen et rejoignaient par le train le Cours Complémentaire ou le Collège à Sarrebourg.

Avec les années 60 notre adolescence prit fin. Et pour certains d’entre nous, ce fut la Guerre d !Algérie, une guerre qui ne voulait pas dire son nom. Les fils de ceux qui avaient connu l’expulsion, la Wehrmacht et la Campagne de Russie, la Résistance ou seulement la peur et les privations, furent jetés, parfois sans préparation, dans une guerre inutile par des politiciens sans scrupules.

Ces “Appelés” n’étaient pas volontaires, ils n’étaient pratiquement pas payés et restaient jusqu’à trente-deux mois loin de chez eux. Les parents des jeunes soldats tués étaient avertis de leur malheur par une lettre imprimée apportée par les gendarmes ! Il fallut des massacres comme celui de Palestro le 18 Mai 1956 pour émouvoir nos hommes politiques : 21 soldats, dont 15 étaient pères de famille, arrivés en Algérie depuis huit jours, tombèrent dans une embuscade tendue par des rebelles ; dix-sept de
ces soldats inexpérimentés furent tués. Pour leurs parents, il n’y eut pas de “cellule d’aide psychologique”, pour les dépouilles de ces soldats, pas de discours du Président de la République...

Abreschviller eut la chance de ne perdre aucun de ses jeunes dans cette
tragédie, mais tous ceux qui participèrent à cette guerre sans nom furent marqués à vie par les horreurs dont ils furent les témoins. Ceux d’entre nous qui n’y allèrent pas avaient eu la chance d’avoir un sursis pour études.

Les “Années 60” commençaient : avec elles, un développement économique
sans précédent ; la société que nous avions connue disparut. Les moeurs changèrent, les valeurs et le vocabulaire aussi : l’égoïsme devint l’” individualisme ” et l’esprit de jouissance fut repeint en “ hédonisme ”.

Les Supermarchés se multiplièrent, et nous qui avions ri de si bon coeur en
voyant les Américains pousser leurs petits charriots, nous qui avions juré : “ Nous ? Jamais, c’est bon pour les Américains !” , nous nous y sommes mis avec délice. Le consumérisme devint un nouveau culte avec ses rites et ses idoles, les églises se vidèrent et la jeunesse devint un marché comme les autres. Les Diafoirus de la sociologie et les Trissotin de la pédagogie se mirent au travail.

(1) Cougie : mot vosgien désignant un petit fouet.

(2) Cendrier : pièce de toile servant à emballer l’herbe fraiche coupée chaque jour pour les bovins.

(3)Schlitte : mot d’origine allemande désignant tous les traineaux et les luges.

(4) L’Ascension : célèbre pèlerinage local très fréquenté pour sa procession des reliques et sa foire.

(5) En signe de deuil, les cloches ne sonnaient plus et les offices étaient annoncés par les enfants de choeur qui allaient de maison en maison avec une crécelle. A leur dernière tournée, le Samedi Saint, ils demandaient leurs “oeufs de Pâques” pour les récompenser de leurs efforts.

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Abreschviller en 1950

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Régistre de la classe de M. Kippert en 1949/1950

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L’ecole Maternelle en 1947/1948

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Reposoir de la Fête-Dieu

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