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Histoire du village

L’UNION NATIONALE DES COMBATTANTS

L’ASSOCIATION DES ANCIENS COMBATTANTS

L’idée de regrouper les anciens combattants et victimes des guerres dans des associations était apparue pour la première fois à Marseille en 1888. Il s’agissait d’abord des blessés de la Guerre Franco-Prussienne de 1870 et des expéditions coloniales.

En 1917, des soldats blessés et convalescents à Paris eurent l’idée de se regrouper en associations et, en 1918, fut fondée l’Union Nationale des Combattants, qui fit paraître une revue destinée à servir de lien entre ses membres et devint un peu plus tard « la Voix du Combattant ». Le Général Léon DURAND, le héros du Grand-Couronné, proposa la devise : « Unis comme au front » qui fonda la solidarité entre tous les Anciens Combattants.

Les statuts de l’U.N.C. furent déposés le 26 Novembre 1918 : l’Association se proposait d’accueillir non seulement les Anciens Combattants, mais également les veuves et les orphelins de guerre. La première Assemblée Générale se tint sous la présidence du Général DURAND au début de 1919. Les adhésions furent nombreuses et des sections se créèrent à travers toute la France.

« La Voix du Combattant » parut pour la première fois en Juillet 1919. En 1920, il fut créé un « Ministère des Pensions, des Primes et des Allocations de Guerre » qui devint le « Ministère des Anciens Combattants ».

L’Union Nationale des Combattants fut à l’origine de la Retraite Mutualiste du Combattant, officialisée par la Loi du 4 Avril 1923.

En 1931, l’U.N.C. installa son siège Rue de Vezelay, à Paris, où elle accueillit d’autres associations amies : les Combattants d’A.F.N. en 1956, les Anciens des Opex en 1962, les « Soldats de France » où se retrouvent les Anciens du Service Militaire, en 1997…D’autres associations y ont leur siège : « l’Association de soutien à l’Armée Française », « Les Anciens de la Défense », « les Ecrivains Combattants », …

Une section de l’U.N.C. fut créée à Abreschviller le 24 Mars 1929 : le Président en fut Raymond HENRY et les membres du bureau : Nicolas BLETTNER, Emmanuel SCHULER, Lucien PRODINGER et Camille STADLER.

Alors qu’à travers toute la France les associations d’Anciens Combattants se sont multipliées dès la fin de la Guerre, pourquoi celle d’Abreschviller ne s’est-elle constituée que dix ans après l’Armistice ?

Que la plupart des Anciens Combattants d’Abreschviller aient servi dans l’Armée Impériale Allemande était-il un obstacle à leur intégration dans l’U.N.C. ? A-t-il fallu dix ans pour que cette idée fasse son chemin ? Est-ce là un signe de la difficulté pour les Lorrains de se considérer comme des Français comme les autres ?

En Novembre 1929, la Section des Anciens Combattants d’Abreschviller demanda son rattachement au Groupe Régional de Lorraine.

En 1931, la section comptait cinquante-cinq membres et Edouard GASSER, par ailleurs chef de l’Harmonie « La Vosgienne », fut élu Président. Le 1° Juin 1931, le Comité décida l’achat d’un drapeau portant les armoiries d’Abreschviller ; pour « aider les industries locales », le drapeau fut commandé à « La Maison Industrielle » à Lixheim. Livré en Octobre de la même année, le drapeau fut exposé dans la vitrine du Salon de Coiffure de Monsieur CASSE du 7 au 11 Octobre 1931.

Il fut remis officiellement à la section le dimanche 11 Octobre 1931, au cours d’une grande fête patriotique devant le Monument aux Morts, en présence du Sous-Préfet de Sarrebourg, du Conseiller Général, du Conseiller d’Arrondissement, du Commandant de la Place de Sarrebourg,…Les Parrains du drapeau furent les Présidents des Associations d’Anciens Combattants de Saint-Quirin et de Lorquin. Le Porte-Drapeau fut Joseph WEBER, vétéran de 1870, assisté de trois Anciens Combattants de 14/18.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le drapeau fut caché dans un tuyeau par le Vice-Président de la Section, Jules MULLER, qui l’enterra dans son jardin en attendant des jours meilleurs. Pour cet acte de courage et d’espérance, Jules MULLER fut décoré de la Médaille de Bronze de l’U.N.C. lors du Congrès de Metz le 23 Mai 1948.

Ce drapeau fut remplacé le 10 Mai 1964 par un nouveau drapeau qui fut remis à la Section U.N.C. par le Député Henri KARCHER, Compagnon de la Libération.

Le 29 Juin 2008, un nouveau drapeau fut remis aux Anciens Combattants. La Marraine en fut Madame Lucienne Jeandel, veuve du Caporal-chef Jeandel qui menait l’avant-garde du Groupe Massu de la 2°D.B. lors de la libération du village le 19 Novembre 1944, et Roger CASSE, ancien « Malgré-Nous », puis « Insoumis », volontaire à la « Brigade Alsace-Lorraine » et retraité de la Marine Nationale. Le Porte-Drapeau étant Pierre-Paul BOURNIQUE, fils de « Malgré-Nous » et lui-même ancien d’A.F.N., on retrouve dans ces trois personnes un résumé vivant de l’Histoire complexe, paradoxale et dramatique de la Lorraine Annexée.

Depuis sa fondation, la Section de l’U.N.C. d’Abreschviller participe scrupuleusement à toutes les manifestations patriotiques : cérémonies au Monument aux Morts, au cimetière militaire de la Valette, et aux rassemblements régionaux et nationaux.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’Association ne se manifesta pas officiellement, mais entretint l’esprit de résistance. A la Libération, une Assemblée Générale « reconstituante » se tint le 18 Novembre 1945, à l’Hôtel des Cigognes, en présence d’une cinquantaine de membres. Le Président fut Monsieur Henri ENDT qui assuma cette charge pendant plus de trente ans, assisté d’un vice-président en la personne de Jean MULLER, Monsieur Paul VALTER étant président d’honneur.

Dès Février 1946, les « Malgré-Nous », qui s’étaient constitué en association, exprimèrent le désir de rejoindre l’U.N.C. Il y eut des réticences à les recevoir : certains anciens combattants, surtout les « Insoumis » qui avaient déserté la Wehrmacht, reprochaient aux « Malgré-Nous » d’avoir rejoint leurs affectations. Certains « Malgré-Nous » reprochaient aux « Insoumis » d’avoir mis leurs familles en danger. Mais, les uns et les autres avaient-ils été maîtres de leur destin ? Ces conflits de personnes, bien naturels après tant de souffrances, s’apaisèrent et, en 1948, les « Malgré-Nous » furent reçus par la Section de l’U.N.C. dont les effectifs s’élevèrent à 120 membres.

Pendant toute la durée de la IV° République (1946-1958), la France connut des difficultés financières et une grande instabilité politique (24 gouvernements en 12 ans !). Dès 1948, les menaces contre la Retraite du Combattant se multiplièrent. En 1954, la déclaration du Président du Conseil LANIEL : « On ne donne pas la retraite à des millionnaires ! » provoqua de vives réactions.

Revenu au pouvoir en Mai 1958, le Général de Gaulle signa, le 30 Décembre 1958, une ordonnance supprimant la Retraite du Combattant : immédiatement, 100.000 manifestants arborant 3.000 drapeaux, se rassemblèrent à Paris, Place de l’Opéra. Les Anciens Combattants décidèrent de ne plus participer aux cérémonies où se trouverait le Général de Gaulle. Et pendant plusieurs années, à toutes les visites du Général de Gaulle en province, on put voir le même groupe d’Anciens combattants avec les mêmes drapeaux faire de la figuration.

Le 1° Février 1959, l’Assemblée Générale des Anciens Combattants d’Abreschviller rédigea une motion qui fut adressée au gouvernement :

« La section des Anciens Combattants d’Abreschviller, réunie en Assemblée Générale annuelle, s’élève à l’unanimité contre les récentes décisions du gouvernement concernant la suppression de la Retraite du Combattant qui était, en somme, une légère mais juste reconnaissance du devoir accompli par le soldat durant de longues et douloureuses années d’une guerre sanglante, et invite le gouvernement à reconsidérer cette décision regrettable pour rendre aux vieux et anciens soldats les droits acquis à la reconnaissance éternelle de la Patrie, ainsi que l’a si bien déclaré publiquement à la Chambre des Députés le Président Clémenceau ».

La retraite fut rétablie en 1961 pour les Anciens Combattants de 14/18 âgés de plus de 65 ans !

A l’Assemblée Générale du 24 Mars 1963, pour la première fois, deux jeunes gens ayant participé « au maintien de l’ordre en Algérie » furent accueillis par l’Association. Le 18 Mars 1962, les Accords d’Evian avaient mis fin à une guerre qui ne voulait pas dire son nom.

Aujourd’hui, l’Association des Anciens Combattants est une association dynamique dans laquelle les Anciens d’Algérie et des Opérations Extérieures côtoient leurs aînés de la Seconde Guerre Mondiale, montrant ainsi une solidarité exemplaire entre les générations. Ils sont les gardiens du Souvenir des Victimes des différents conflits et les acteurs incontournables de la transmission de la Mémoire aux jeunes générations.

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