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Histoire du village

Les Comtes de Dabo et la forêt

LES COMTES DE DABO ET LA FORÊT

Le comté de Dabo n’était riche que de ses forêts. La population y étant pauvre et peu nombreuse, il convenait d’abord d’y attirer des populations par des concessions et des privilèges, puis d’y favoriser les industries et l’artisanat.

LES DROITS FORESTIERS ANCIENS

Le sol étant pauvre, il était difficile d’y développer la culture. Par contre, l’élevage pouvait être favorisé par l’octroi par le seigneur de droits de pâture sur les terres et dans les forêts seigeuriales.

La difficulté était que ces droits accordés à l’élevage pouvaient mettre la forêt en danger ; il fallait donc adapter les traditions très favorables aux paysans aux exigences d’un développement de la forêt dans le but de permettre l’installation d’activités consommatrices de bois : les verreries, les scieries, les papeteries, les forges et les verreries, toutes ces industries étant génératrices de revenus pour le seigneur.

On ne connait pas les premières concessions faites dès l’époque féodale.

Le plus ancien règlement forestier connu est celui de 1569, du comte Jean-Henri de Linange, qui reprend en les mettant en forme, des mesures de protection de la forêt et des droits traditionnels fort anciens qui s’étaient accumulés au cours des siècles :

  • interdiction d’entrer dans les forêts du 11 Novembre jusqu’au 25 Avril ;
  • de couper aucun arbre sans permission ;
  • de mettre des porcs en glandée dans les forêts du comte ;
  • dans le cas où le bois manquerait pour l’usage des scieries, les propriétaires pouraient prévenir le seigneur ou son bailli pour qu’il leur en soit fourni.

LE REGLEMENT FORESTIER DE 1613

En 1809, alors que le conseil de la Préfecture de la Meurthe allait statuer sur l’existence et la nature des droits d’usage que réclamaient les communes de l’ancien comté de Dabo, François-Antoine Barrabino, représentant des communes concernées, provoqua la surprise en présentant la copie datée du 20 Août 1789 d’un acte du 27 Juin 1613, authentifiée par le notaire Billaudet, résidant à Abreschviller. Ce texte aurait été rédigé par Nicolas Mourer, l’archiviste du comté, qui fut toujours très hostile aux Linange. Pour quelles raisons le notaire Billaudet (1) s’est-il rendu complice d’un faussaire ?
Peu désireux d’allumer la guerre civile dans un comté dont les habitants s’enflamaient facilement dès qu’il était question des droits d’usage, le Conseil de Préfecture accepta la prétendue Ordonnance de 1613 avec quelques aménagements qui satisfirent provisoirement toutes les parties concernées.

ANALYSE DU FAUX DE 1613

Curieusement, ce règlement ne fait qu’accorder des droits aux habitants du comté, alors que les autres règlements étaient beaucoup plus exigeants. De plus, on y trouve des termes ( comme « jours de scierie ») qui ne furent utilisés qu’à partir de la fin du XVII° siècle !

  • Droits collectifs généraux.
    • droit de grasse et vaine pâture (droit de laisser paître les troupeaux dans les forêts selon certaines conditions) ;
    • droit de marnage (délivrance gratuite du bois necessaire à la construction d’une maison.-droit subordonné à la possession d’une maison) ;
    • droit au bois mort (pour se chauffer) et au mort-bois (bois secs vendables) ;
    • droit au bois vif pour le chauffage ;
    • droit aux chablis (vendus au profit des usagers) ;
    • droit de préemption (pour les achats de bois façonnés).
  • Droits collectifs spéciaux.
    • bois délivrés à prix d’estimation à certaines professions : sabotiers, cuveliers, menuisiers, etc...sous condition du paiement d’une patente ;
    • droits aux “bois bourgeois” : des sapins vifs et de grosse dimension sont affectés au droit bourgeois. Les lots sont tirés au sort entre les ayants droits qui peuvent les utiliser ou les vendre. Ce droit n’existait que pour les habitants de Dabo et n’a jamais été étendu aux autres sujets des comtes de Dabo.
  • Droits d’usage collectif accordés à titre de tolérance.
    • couper de l’herbe et de la bruyère en forêt pour l’utiliser comme fourrage pour le bétail ;
    • ramasser les feuilles sèches pour servir de litière aux animaux.
  • Droits d’usage à titre privatif.
    • droits de marnage et de chauffage concédés à quatre censes (fermes) et à la papeterie d’Abreschviller. Ces droits sont attachés aux immeubles et non aux personnes ;
    • affectation pour le fonctionnement d’établissements industriels :
    • affectation de bois pour 26 scieries :
    • 10 à Abreschviller ;
    • 7 à Walscheid
    • 9 à Dabo.
    • par la suite, des affectations de bois ont été faites en faveur :
    • de la forge d’Abreschviller ;
    • de la tuilerie de Voyer ;
    • de la verrerie de Harreberg.

En réalité, il n’y a jamais eu d’ordonnance de 1613 : il s’agit d’un faux, reconnu comme tel par les tribunaux au XIX° siècle(2). Les Daboisiens l’appellent le “Butterhofen” parce qu’il aurait servi à un maire de Dabo peu respectueux des archives de sa commune, à recouvrir un pot de crème dont il porte encore la trace.

(1) François Antoine BILLAUDET ( Oberbronn 1760- Niderviller 1820) , clerc du Sénat de Haguenau (1781-1785), puis clerc au Conseil Souverain d’Alsace (1785-1788), fut nommé notaire du Comté de Dabo avec résidence à Abreschviller le 4 Novembre 1788. Il se retira en 1814 à Niderviller où il décéda le 10 Janvier 1820.

(2) Se reporter à l’étude de cette ordonnance dans G. HUFFEL :”Le comté de Dabo dans les Basses-Vosges-Ses forêts-Ses Droits d’usage forestiers”. Page 171 sq.

Article journal

(document complet)
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Le "Butterhofen" de Dabo

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