Recherche sur le site

Saisissez dans le champ le mot clé recherché :

A voir sur le site

En bref...

  • TLAE en panne

    Une panne de matériel empêche le signal télévisuel. Les réparations sont en cours. Merci de votre patience.

  • Félicitations !

    A l’équipe de Cyril Strub de la boucherie Black Pudding pour le prix obtenu au titre du meilleur saucisson au monde !

  • Prochain conseil municipal

    Mercredi 24 mai à 20h dans la salle "bibliothèque" du Groupe Scolaire Chatrian.

  • Horaires de la mairie

    Accueil :
    du lundi au vendredi : de 09h à 12h et de 15h à 17h.

    La mairie sera exceptionnellement fermée vendredi 26 mai. Réouverture, lundi 29 mai.

    Tél : 03.87.03.70.32. Fax : 03.87.03.75.90 / courriel : mairie@abreschviller.fr .

Histoire du village

LA RÉVOLUTION

LA RÉVOLUTION
ET LA FIN DU COMTÉ DE DABO

LA MISE EN PLACE DES COMMUNES

Dès le début des évènements de 1789, les villes et les villages s’étaient spontanément dotées de municipalités choisies par les habitants et non plus désignées par le seigneur. La loi du 14 Décembre 1789 les organisa et les officialisa : le maire et les membres du conseil de la commune étaient élus pour deux ans.

Abreschviller choisit sa première municipalité au début de 1790 : seuls avaient le droit de vote les hommes âgés d’au moins 25 ans, résidant dans le village depuis au moins un an, inscrits au rôle de la Garde Nationale du village, ayant prêté serment civique et payant annuellement une contribution directe d’au moins trois jours de travail.

Joseph Bournique, marchand de planches, fut le premier maire élu d’Abreschviller. Son conseil municipal se composait de Quirin Georgel, Jean-Jacques Faltot (voiturier), Nicolas Quirin, Jean-Joseph Lemoine (charpentier), Pierre Duchâteau (polisseur de verre à Lettenbach), Henri Rudeau (cordonnier), François Didat (charron), Jean-Georges Martin, Joseph Deletang, Pierre Bournique l’Ainé, Joseph Simon (maître tailleur d’habits), Jean-Jacques Delaval (boulanger), François Marcart, Dominique Lecomte, Jean Simon, et Emile Gallé (greffier).

Outre la Constitution dont elle devait doter la France, l’Assemblée Constituante avait pour ambition de fondre tous les Français dans une véritable unité nationale. Elle entreprit de remplacer les anciennes divisions administratives, devenues très compliquées au cours de l’Histoire, par un système beaucoup plus simple : le département à partir duquel seront créées les circonscriptions judiciaires, fiscales, militaires et même religieuses.

LE COMTÉ DE DABO DANS LE DÉPARTEMENT DE LA MEURTHE.

Le chef-lieu du Département de la Meurthe fut Nancy et parfois Lunéville en fonction des évènements (en 1790 et 1796). Il y avait 9 districts : Nancy, Toul, Pont-à-Mousson, Vic-sur-Seille, Dieuze, Blâmont, Lunéville, Vézelise et Sarrebourg. Par la loi du 28 Pluviose An VIII (17 Février 1800), ces districts furent remplacés par des “arrondissements” dirigés par un “sous-préfet”, et Château-Salins remplaça Vic-sur-Seille.

Le district de Sarrebourg était divisé en 6 cantons : Sarrebourg, Phalsbourg, Lixheim, Lorquin, Walscheid et Niderviller.

Exception faite du village d’ Engenthal qui fut rattaché au département du Bas-Rhin, canton de Wasselonne, les communes de l’ancien Comté de Dabo furent répartis de la façon suivante :

- Dans le canton de Walscheid :

- Dabo (1.470 habitants) et ses nombreux écarts : la Hoube, Schäfferhoff, Kühhberg, Hettert, Harreg et Rothenpall.

- Harreberg (190 habitants) , village né d’une verrerie établie par les comtes de Linange en 1723 à laquelle ils affectèrent 300 hectares de forêts, pour produire du verre blanc et des glaces de petites dimensions. Harreberg avait longtemps été une annexe de Hommert.

- Hommert (500 habitants) était un village ancien où se voyaient encore des traces de fortifications anciennes que les historiens n’ont pas dentifié avec certitude.

- Walscheid (1270 habitants) et ses nombreux écarts : Eigenthal, Nonnenbourg, Saint-Léon, Sitifort, ...Ce village ne vivait presqu’exclusivement de la forêt.

- Dans le canton de Lorquin :

- Voyer (400 habitants) qui avait été érigé en cure en 1786 malgré les protestations et le procès intenté par le Curé d’Abreschviller. Le village actuel est récent, l’ancien village se situait plus près d’Abreschviller, sur la colline, et possédait une petite église en mauvais état. La première mention de ce village remonte à 1344. De Voyer dépendait une tuilerie.

- Abreschviller (1.400 habitants) avait une papeterie, une forge, et un polissoir de verre. Depuis 1738, la paroisse était indépendante de celle de Walscheid.

LES FORÊTS AU DÉBUT DE LA RÉVOLUTION

Les derniers fonctionnaires des Princes de Linange ayant perdu toute légitimité du fait des événements politiques, les forêts n’étaient plus surveillées.

En 1790, le Receveur Général du Comté, Hoffmann, avertit le directoire du district de Sarrebourg des exactions commises par les frères Reimel de Dabo, qui, sous prétexte que les Bois Bourgeois n’avaient pas été attribués, se servaient eux-mêmes et vendaient à leur profit les arbres coupés.

Le greffier Billaudet fit une enquête mais aucune sanction ne fut prise. En effet, personne n’envisageait de protéger les propriétés des Linange, seigneurs déchus de leurs droits, et les forêts furent intégrées au domaine de l’Etat.

Par le décret du 16 Août 1790, les cours d’appel furent supprimées : le Conseil Souverain d’Alsace disparut et avec lui tous les procès forestiers en suspens qui furent transférés au tribunal de district de Sarrebourg.

En 1792, ce tribunal reconnut certains droits aux habitants : droit de marnage, droits aux bois morts et au mort-bois, vaine pâture ; mais les “Bois Bourgeois” de Dabo et d’Engenthal, considérés par le tribunal comme la contre-partie de corvées féodales qui avaient été supprimées, étaient condamnés à disparaître. On imagine sans peine le mécontentement des anciens usagers !

14 JUILLET 1790 : LA FÊTE DE LA FÉDÉRATION A ABRESCHVILLER

Abreschviller se dota d’une Compagnie de Gardes Nationaux. Les villageois se tournèrent vers Nicolas-Louis Jordy dont l’expérience militaire et les idées réformatrices étaient connues de tous. Il fut donc élu capitaine de la Garde Nationale d’Abreschviller. Le 6 mai 1790, il fut choisi comme Commandant du Bataillon de la Garde nationale du Canton de Lorquin.

Le 14 juillet 1790, pour célébrer l’anniversaire de la prise de la Bastille, une grande fête fut organisée à Paris, destinée à montrer le désir des français de former un peuple uni non par les conquêtes de la Monarchie, mais par la propre volonté des Français. Ce fut la “Fête de la Fédération”, véritable acte de naissance de la Nation française.

Sur le Champ de Mars, les délégations de toutes les régions de France se rassemblèrent sous leurs bannières. Une messe solennelle fut dite par l’évêque d’Autun, Mgr de Talleyrand-Périgord, puis La Fayette, au nom de la Garde Nationale, et le Roi prétèrent serment de fidélité à la Nation. Le Roi était réconcilié avec son peuple

.A Abreschviller, une grande fête patriotique fut célébrée sur le sommet du Linenberg, au nord du village. Le curé, l’Abbé Martin, et son vicaire, l’Abbé Marcus, célébrèrent la messe. Le procureur de la Commune, Nicolas Mourer, puis Nicolas-Louis Jordy et les officiers de la Garde Nationale prêtèrent serment à la Nation et au Roi.

La cérémonie se termina par un “Te Deum” enthousiaste et la foule se rendit à l’église où un officier de la Garde Nationale, Jean-Baptiste Reiser, demandait le baptême civique pour le fils que sa femme venait de lui donner. Le parrain fut Quirin Georges, Commandant de la Garde Nationale, et la marraine Madeleine Gagou, épouse de Nicolas-Louis Jordy, “premier capitaine de ladite garde”. La journée se termina par un grand repas et une danse autour d’un immense brasier allumé sur le Linenberg par le Maire Joseph Bournique.

La Révolution semblait terminée, elle ne faisait que commencer.

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

- 14 Juillet 1790 : Fête de la Fédération

-22 Juillet 1790 : Constitution Civile du Clergé

-2 Avril 1791 : Le Roi est arrêté à Varennes

-14 Juin 1791 : la Loi Le Chapelier interdit les associations professionnelles

-17 Juillet 1791 : Fusillade du champ de Mars

-3 Septembre 1791 : Vote de la Constitution : Louis XVI, Roi des Français

-14 Septembre 1791 : Le Roi accepte la Constitution

-1° Ocrtobre 1791 : Début de l’Assemblée Législative.

LES PROBLÈMES RELIGIEUX A ABRESCHVILLER

Au Moyen-Âge, Abreschviller avait été une dépendance de l’Abbaye bénédictine de Hesse puis, au XIII° siècle, une paroisse autonome ; à la suite de la dépoipulation due à la Guerre de Trente Ans (XVII° siècle), Abreschviller et Voyer furent rattachées à la paroisse de Walscheid. En 1713, un vicaire fut installé à demeure à Abreschviller et cet état perdura jusqu’au 14 Juillet 1738. Le régistre des baptêmes le plus ancien remonte, pour Abreschviller, à 1675.

En 1738, le village fut érigé en paroisse autonome et le premier Curé fut Jean-Nicolas Petrement, qui quitta la paroisse en 1750 et mourut à la Collégiale de Marsal. Il fut remplacé par Jacques Médicus qui décéda le 14 Mars 1781 et donna tout son bien pour la construction du choeur de la nouvelle église paroissiale.

Son successeur, Jacques Martin, vécut toute la Révolution à Abreschviller malgré les vicissitudes de l’époque. Nommé en 1783, il décéda le 23 Mai 1807 à l’âge de 51 ans. Il fut assisté par un vicaire appelé Klein, puis par l’abbé Marcus. Ils prétèrent tous les deux le serment à la Nation exigé par la Constitution Civile du Clergé qui faisait d’eux des fonctionnaires de l’Etat, et la paroisse d’Abreschviller fut érigée en Cure Constitutionnelle en Janvier 1791.

Le Dimanche 30 Janvier 1791, le Curé Jacques Martin et son vicaire Jacques Médicus prêtèrent le serment constitutionnel à l’issue de la messe, dans l’église, et en présence des fidèles et de la municipalité.

Vers 1792, le nouveau maire d’Abreschviller, Jean-Baptiste Jordy, écrivit aux administrateurs du District de Sarrebourg pour demander le rattachement de Voyer, de Lettenbach et d’Eigenthal à la paroisse d’Abreschviller. Cette lettre resta sans réponse.

S’il n’y eut pas, à ce moment-là, de problèmes religieux à Abreschviller, ce ne fut pas le cas dans certaines paroisses. En effet, la Constitution Civile du Clergé, qui soumettait les prêtres au pouvoir politique, fut condamnée par le Pape Pie VI ; de nombreux prêtres qui avaient prêté le serment sans se rendre compte de ce à quoi ils s’engageaient, revinrent sur leur serment, tandis que d’autres avaient refusé de le prêter. Ces prêtres “réfractaires” furent recherchés, arrêtés et condamnés et parfois même, pendant la Terreur, exécutés.

L’Abbé Jean Colson (1), Curé de Nitting, fut de ceux-là. Député du Clergé aux Etats-Généraux en 1789, l’Abbé Colson était favorable aux réformes, mais la politique de plus en plus antichrétienne de l’Assemblée le poussa à la résistance. Il refusa le serment constitutionnel et fut destitué de sa fonction de Curé de Nitting qui fut confiée à un ancien capucin de Toul qui résidait à Sarrebourg, Joseph Pierron. L’Abbé Colson quitta la France et rejoignit, semble-t-il, l’Armée de Condé (2) à Mayence. On ignore la date et le lieu de son décès.

L’Abbé Laurent Chatrian (1732-1814), né à Lunéville mais apparenté aux Chatrian de Grand-Soldat, fut Curé de Saint-Clément, près de Lunéville en 1789. Député aux Etats-Généraux, il refusa également le serment et émigra à Trêves et ne revint en France qu’après le Concordat signé le 16 Juillet 1801 par le Consul Bonaparte avec le Pape.

De nombreux prêtres réfractaires furent enfermés sur les pontons de Rochefort (3).

Dans la région de Sarrebourg, plusieurs prêtres refusèrent le serment constitutionnel : l’abbé Marchal, Curé de Dolving, se rétracta. D’autres suivirent son exemple : l’abbé Corringer, Curé de Biberkirch, l’abbé Caspar, Curé d’Arzviller, l’abbé Marc, Curé d’Imling, l’abbé Huber, vicaire de Walscheid, l’abbé Froehlicher, vicaire de Saint-Louis, ... Ces prêtres furent arrêtés ou contraints à l’exil. Certains restèrent dans le pays et continuèrent clandestinement leur ministère malgré les recherches des révolutionnaires. Ils avaient souvent davantage d’influence sur leurs paroissiens que les prêtres constitutionnels.

Prêter le serment ne mettait pas les prêtres à l’abri de toute persécution. L’abbé Jean Verniory, fils du co-propriétaire de la verrerie de Grand-Soldat en fit l’expérience. Quoique assermenté comme Curé de Saint-Quirin, puis de Héming, et enfin de Gondrexange, il fut obligé de quitter sa paroisse et fut même interné à Dijon. Il ne revint à Abreschviller qu’en 1797 mais resta sans fonction ecclésiastique.

L’abbé Martin était très populaire et très respecté dans sa paroisse. Ainsi, lorsque les citoyens d’Abreschviller se réunirent à l’église paroissiale le 2 Décembre 1792 pour procéder à l’élection d’un nouveau maire, l’assemblée des électeurs le désigna à l’unanimité comme président. Ce fut Pierre Bournique le jeune, maître de la Forge qui fut élu maire d’Abreschviller en remplacement de Jean-Baptiste Jordy, lui-même successeur de Joseph Bournique.

La nouvelle municipalité se composait ainsi :

- Maire : Pierre Bournique le jeune ;

- Officiers municipaux : Quirin Georgel (charpentier) - Joseph Lemoine (charpentier) - Quirin Nicol (manoeuvre) - Jacques Faltot le jeune (manoeuvre) - Henri Rudeau (cordonnier)

- Procureur de la Commune : M. Bour (maître brasseur)

- Notables élus : Jacques Martin (Curé) - Pierre Duchâteau (polisseur de verre à Lettenbach) - François Marcart - Joseph Delétang (manoeuvre) - Pierre Bournique l’ainé - Jean Laval (boulanger) - Jacques Limon fils (forgeron) - Dominique Lecomte (flotteur) - Jean - Baptiste Bournique - François Didat (charron) - Jean - Georges Cordonnier - Dominique Limon -

-Assesseurs du Juge de Paix : Blaise Verniory (co-propriétaire de la verrerie de Grand - Soldat) - Pierre Bournique (maire) - Pierre Bournique l’ainé - François Marcart.

LA GUERRE ET LA TERREUR

REPÈRES CHRONOLOGIQUES

-20 Avril 1792 : Déclaration de Guerre à ll’Empereur ; échecs militaires

-10 Août 1792 : Prise des Tuileries ; arrestation du Roi et de sa famille

-17 Août 1792 : Création du tribunal Révolutionnaire

-26 Août 1792 : l’Assemblée décrète la déportation des prêtres réfractaires

-20 Septembre 1792 : Victoire de Valmy- Fin de la Législative

-21 Septembre 1792 : Proclamation de la République. Début de la Convention

-21 Janvier 1793 : Exécution de Louis XVI.

-24 Février 1793 : Levée de 300.000 hommes

- 1793-1796 : Guerre de Vendée

-mai 1793-juillet 1794 : la Terreur

- 8 Juin 1794 : Fête de l’Être Suprême

-27 Juillet 1794 (9 Thermidor) : chute de Robespierre : fin de la Terreur

-Juillet 1794- Octobre 1795 : Convention Thermidorienne

-Octobre 1795- Novembre 1799 : le Directoire

-1796-1797 : Campagne d’Italie de Bonaparte

-1798-1799 : Campagne d’Egypte de Bonaparte

-1800-1804 : le Consulat : Bonaparte, 1° Consul

-fevrier 1801 : Traité de Lunéville

- 1804-1815 : Napoléon 1°, Empereur des Français.

Les échecs militaires, la révolte de la Vendée, les problèmes économiques provoquèrent une radicalisation de la Révolution.

En Juillet 1790, la Municipalité d’Abreschviller avait envoyé au Président de l’Assemblée Nationale une copie de la lettre rapportant la cérémonie du 14 Juillet 1790. On y lisait : “ Notre Roi, dont les perfides courtisans avaient tenté d’enchaîner la droiture et la bonté ... n’avait jamais oublié que son bonheur était inséparable de celui de son peuple ...”. Le Roi semblait détenir le pouvoir : la flatterie était encore de saison...

En mai 1793, soit trois mois après l’exécution de Louis XVI, la Commune d’Abreschviller envoya à la Convention une lettre destinée à affirmer son adhésion à la nouvelle orientation prise par la Révolution : “Déjà dans le sein d’un coeur perfide (Louis XVI) se forgeaient pour écraser le peuple français de nouvelles chaines bien plus pesantes qu’il avait secouées ...”. Nous sommes passés de la flogornerie du courtisan à la “langue de bois” du révolutionnaire. Seul parmi les élus du 2 Décembre 1790, l’Abbé Martin s’abstint de signer cette lettre.

Courageusement, il refusa de célébrer un service funèbre à la mémoire du Conventionnel régicide Louis-Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau, assassiné la veille de l’exécution du Roi par un ancien Garde du Corps de Louis XVI, Philippe de Pâris. L’Abbé Martin justifia sa décision en prétendant qu’il ne savait pas si Le Pelletier était mort en bon catholique. Prévenu, le Directoire du Département mit l’Abbé Martin en demeure de célébrer cet office, arguant qu’en sa qualité de fonctionnaire, il devait obéir à l’autorité dont il dépendait, c’est-à-dire la municipalité d’Abreschviller. Le Curé se soumit, et le Maire d’Abreschviller put écrire à la Convention : “... La Commune d’Abreschviller vient de faire célébrer un service funèbre aux mânes du digne Représentant ...Nous avons couvert de larmes et de fleurs le mausolée de Michel Le Pettetier ...”.

Son esprit de résistance avait attiré l’attention des révolutionnaires les plus enragés sur le brave Abbé Martin qui fut arrêté en Mars 1794 sur ordre du Président de la Société Populaire de Sarrebourg, Wuilliez, qui avait entrepris une grande campagne de déchristianisation. Reconnu innocent, l’Abbé Martin fut libéré.

En Février 1794, Abreschviller s’était doté également d’une Société Populaire chargée de veiller sur l’enthousiasme révolutionnaire de la population. L’homme fort de cette organisation fut Victor-Nicolas Mourer (4), fils de Nicolas Mourer, ancien greffier du Comté de Dabo.

La Commune d’Abreschviller ne fut pas en reste pour participer à l’effort de guerre. Sous le commandement de Nicolas-Louis Jordy, une partie de la Garde Naztionale du Canton de Lorquin avait participé, en Septembre 1791, à la répression de la révolte des Suisses de Châteauvieux à Nancy. De retour de cette expédition, la Garde Nationale d’Abreschviller, rejointe par celles de Saint-Quirin et de Lorquin, investit les ruines du château de Turquestein où la rumeur logeait des ennemis de la Nation. Il n’ y avait en réalité rien d’autre dans ces ruines que des locataires qui y construisaient une maison (5).

La déclaration de guerre du 20 Avril 1792 et l’invasion qui s’en suivit, mobilisèrent les énergies patriotiques. Nicolas-Louis Jordy s’y illustra en défendant avec succès, à la tête du Bataillon des Volontaires de la Meuthe, le Fort de Belle-Croix, devant Metz. Jordy ne fut certainement pas le seul habitant d’Abreschviller à combattre dans ce bataillon, puisque le Directoire de Sarrebourg avait demandé la levée de 2.400 volontaires.

Le 24 Février 1793, la Convention Nationale ordonna la levée de 300.000 hommes. La région de Sarrebourg en fournit encore 400. En Août 1793, tous les hommes de 16 à 25 ans furent mobilisés après la chute de Mayence. La lettre du 13 Mai 1793 à la Convention insiste sur le civisme des habitants d’Abreschviller : “La Commune d’Abreschviller ... s’est toujours signalée par le patriotisme le plus ardent. Non content d’avoir donné 136 soldats à la Patrie, à peine a-t-elle connu le dénuement effrayant de vos braves frères d’armes, qu’elle s’empressa de les réparer ...”.

Comme la guerre s’éternisait, ces hommes manquaient à l’économie de la région et l’enthousiasme du début laissa la place à la lassitude ; bien des familles tentèrent d’obtenir le retour de leurs jeunes soldats :

-le 17 Octobre 1794, ce fut la Commune d’Abreschviller qui réclama le retour de Charles Bournique, ouvrier à la Forge, seul établissement de la région à fabriquer des outils pour l’agriculture ;

-le 20 Juillet 1795, Nicolas Bournique, marchand de planche et cultivateur, réclama le retour de son fils, sergent au 10° Bataillon de l’Armée de l’Ouest, pour reprendre sa place à la ferme, son père ne pouvant plus y travailler ;

-le 16 Septembre 1795, Pierre Bournique, marchand de planche et cultivateur, réclame son fils Jean-Baptiste, volontaire à l’Armée du Nord, pour le seconder ; en effet, le 7 Frimaire An III (1° Décembre 1794), par devant M° Billaudet, notaire résident à Harreberg, Pierre Bournique, fils de Joseph Bournique, a acheté à Dominique Bournique, marchand de planches, trois jours de scierie à la scierie de Dietrichmühle.

Peu après, Pierre Bournique demanda au Sous-Préfet de Sarrebourg de rétablir la scierie de Dietrichmühle (ou Dunkelbach) telle qu’elle fut établie le 1° Août 1697, avec les mêmes droits, c’est-à-dire la délivrance “dans la forêt à côté de la scierie des arbres de compétence réglée à 100 par an pour le roulement de la même scierie, à charge d’en payer le prix convenu, le maintenir et garder aussi dans le droit de pature de la même forêt, ainsi que lui et ses cobaillistes en ont joui jusqu’à présent” (6).

Malgré la guerre, et peut-être aussi grâce à elle, les activités économiques se poursuivaient. Mais le sort des forêts de l’ancien Comté de Dabo n’était toujours pas réglé.

NOTES

(1) cf. Mgr Jérome :” Un député lorrain aux Etats-Généraux de 1798-Jean Colson, Curé de Nitting”. Ed. du Pays Lorrain-Nancy 1933.

(2) Armée de Condé : Armée commandée par le Prince de Condé et constituée d’émigrés français adversaires de la Révolution. On l’appelait aussi l ‘”Armée des Princes”.

(3) Pontons de Rochefort : deux navires négriers servirent de prison dans la rade de Rochefort pendant la Terreur. Les conditions de détention y étaient particulièrement atroces et la mortalité très élevée.

(4) Nicolas-Victor MOURER, né vers 1763 à Abreschviller, était le fils de Nicolas Mourer, greffier des Comtes de Dabo. Nicolas-Victor fut d’abord avocat au Conseil Souverain d’Alsace. Après quelques ennuis en 1794 et un séjour dans les prisons de la Convention, il réintégra l’administration révolutionnaire, devint membre de l’Assemblée des Cinq-Cents sous le Directoire en 1798 et fut magistrat à Colmar sous l’Empire.

(5) H. Lepage : “Les seigneurs, le château, la chatellenie et le village de Turquestein”-Nancy-1886- Pages 59/60.

(6) Archives privées.

(document complet)
Taille du document: 2.7 Mo

(document complet)
Taille du document: 3.7 Mo

Dans la même rubrique