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Histoire du village

LA GUERRE FRANCO-PRUSSIENNE ET L’ANNEXION-1870-1871

PRÉLUDE À LA GUERRE

Ministre-Président de Prusse depuis 1862, Otto von Bismarck rêvait de faire l’unité de l’Allemagne au profit de son souverain le Roi de Prusse Guillaume I° et le poussait à une politique agressive à l’encontre de la France.

L’unité allemande aurait pu se faire au profit de l’Autriche catholique des Habsbourg, mais Bismarck mit fin aux ambitions autrichiennes en 1866 à la bataille de Sadowa.

Très inquiet, le gouvernement de Napoléon III entreprit de fortifier Metz et une partie de la frontière. Le chef du gouvernement, Emile Ollivier, soutenu par ses amis le député de Sarrebourg Eugène Chevandier de Valdrôme et les députés de Metz et de Thionville, incita l’Empereur à libéraliser le régime. Le plébiscite de Mai 1870 fut un triomphe pour l’Empereur ; la Moselle l’approuva par 83 % des voix.

L’Empereur était atteint de calculs urinaires qui le faisaient atrocement souffrir. Très diminué, il perdait toute énergie et désirait se montrer conciliant face à Bismarck. Mais, les ultra-bonapartistes poussaient à la guerre, pensant pouvoir ainsi reprendre les rennes du pouvoir qui leur échappait depuis le plébiscite.

Au cours d’un conseil de guerre à Berlin le 12 Juillet 1870, Bismarck affirma devant le Ministre de la Guerre von Roon et le Chef d’Etat-Major von Moltke sa décision de faire la guerre à la France (1) en instrumentalisant la candidature Hohenzollern au trône d’Espagne. En falsifiant la fameuse “dépêche d’Ems”, Bismarck offrit un magnifique “casus belli” aux bellicistes français : le 19 Juillet 1870, le gouvernement français déclara la guerre à la Prusse.

LA DÉFAITE MILITAIRE

Malgré les déclarations optimistes des Ministres et de l’Etat-Major, l’armée française n’était prête à la guerre ni moralement ni matériellement. Le Maréchal Leboeuf était notoirement incompétent. Le 2 Août 1870, le simulacre d’offensive française vers Sarrebruck convainquit les Prussiens des insuffisances du commandement français.

Le 6 Août, le Maréchal de Mac-Mahon fut battu à Froeschwiller et son armée reflua vers Saverne. Le même jour, le Général Frossard battit en retraite à partir de Forbach : le destin de la France se jouait en Alsace et en Lorraine !

A Paris, les républicains s’agitaient et Eugène Chevandier de Valdrôme, devenu Ministre de l’Intérieur, envisagea de faire arrêter une vingtaine de députés dont Gambetta et Jules Ferry, mais le Président du Conseil Emile Ollivier démissionna le 9 Août.

Après les échecs de Froeschwiller et de Forbach, Mac-Mahon et le Général de Failly se replièrent vers Lunéville et Nancy, envisageant un regroupement des forces françaises dans les Vosges.

Le Maréchal Bazaine avait été un bon soldat mais n’était pas un stratège. Il tenta de rejoindre Verdun, mais son armée fut accrochée par les Prussiens à Borny où il livra un combat incertain. Le 12 Août, les Allemands entrèrent à Nancy et à Pont-à-Mousson sans combat.

Le 18 Août, commença la bataille de Saint-Privat ( ou de Gravelotte), une effroyable boucherie qui poussa Bazaine à s’enfermer dans Metz tandis que Mac-Mahon rassemblait son armée à Châlons. L’armée prussienne se dirigea alors vers Paris ; commandée par le Général Trochu, la capitale était protégée par d’importants retranchements.

Renonçant à secourir Bazaine enfermé dans Metz, Mac-Mahon se replia vers Sedan où il fut battu le 1° Septembre après une effroyable bataille. Découragé, Napoléon III se rendit au Roi de Prusse.

A Paris, la République fut proclamée le 4 Septembre 1870. Le 27 Octobre, le Maréchal Bazaine signa la capitulation de Metz au château de Frescaty.

L’ANNEXION

Les places-fortes lorraines résistèrent, Verdun jusqu’au 13 Novembre, Thionville jusqu’au 24 Novembre et Phalsbourg ne capitula que le 12 Décembre. La garnison de Bitche n’évacua la citadelle que le 27 Mars 1871 pour se rendre en France non envahie. Les troupes françaises des Vosges, gardes mobiles et francs-tireurs, se battirent courageusement jusqu’en Janvier 1871, faisant même sauter le pont du chemin de fer de Fontenoy-sur-Moselle le 21 Janvier 1871, par un audacieux coup de main.

Avant même qu’il fut mis fin à la guerre par un Traité, les Allemands annexèrent de fait l’Alsace et une partie de la Lorraine. Les arrondissements germanophones (Sarrebourg, Sarreguemines et Thionville) ainsi que Metz furent soumis au Gouverneur Général de Strasbourg : les buts poursuivis dans cette guerre par les Allemands étaient donc clairement affirmés.

Le 14 Août 1870, le Roi de Prusse installa un “Gouvernement Général de l’Alsace”, présidé par le Comte von Bismarck-Bohlen, d’abord à Haguenau, puis à Strasbourg après la capitulation de la ville. Le 26 Août fut créé un “Gouvernement Général de l’Alsace et de la Lorraine Allemande” incluant les arrondissements de Sarrebourg, Château-Salins, Sarreguemines, Metz et Thionville.

Dès Septembre 1870, le maintien des lois existantes fut garanti aux régions annexées. La partie annexée de la Meurthe (les arrondissements de Sarrebourg et Château-Salins) et celle de la Moselle (l’ensemble du département, exception faite de l’arrondissement de Briey) furent appelées “ Deutsch-Lothringen”. L’administration allemande s’y installa bien avant le Traité de Francfort et tout acte d’hostilité de la population fut durement réprimé.

Le 18 Janvier 1871, à l’initiative de Bismarck, les Princes allemands renoncèrent à leur indépendance en proclamant le Roi de Prusse Empereur d’Allemagne sous le nom de Guillaume I°, dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles : l’Unité allemande était réalisée au profit de la Prusse. (2)

Signé le 10 Mai 1871 à Francfort, au moment même où Paris connaissait les évènements dramatiques de la Commune, le traité de Paix enlevait à la France l’Alsace, les cinq-sixièmes de la Moselle avec Metz, un tiers de la Meurthe et une partie du Département des Vosges (la vallée de la Bruche, de Schirmeck à Saales). Cette annexion dura quarante-sept ans.

(1) Pierre MILZA : “L’année terrible”-Paris-2009- P.51.

(2) On distingue 3 “Reich” dans l’Histoire Allemande :

-I° Reich : le “Saint Empire Romain Germanique” dura huit siècles et demi, du couronnement à Rome de l’Empereur Otton I° à l’abdication de l’Empereur François II le 12 Juillet 1806 ;

-II° Reich : du 18 Janvier 1871 au 9 Novembre 1918, il ne connut que trois Empereurs : Guillaume I° (1871-1881), puis son fils Frédéric III qui ne règna que trois mois, et enfin son petit-fils Guillaume II (15 Juin 1881-9 Novembre 1918).

-III° Reich : le régime nazi (1933-1945) s’empara abusivement de ce terme de “Reich”.

Proclamation de l’Empire Allemand à Versailles (document complet)
Taille du document: 74.7 ko

Carte de la Lorraine Annexée (1871) (document complet)
Taille du document: 1.6 Mo

Extraite de F.ROTH : "LA LORRAINE ANNEXÉE"-NANCY-1976 (THÈSE DE DOCTORAT)

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