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Histoire du village

Abreschviller dans le Comté de Dabo

Abreschviller et Voyer sont des villages très mal intégrés dans le Comté. Peut-être est-ce là la cause de la présence d’une petite forteresse construite par les comtes de Dabo dès le XII° siècle au Sud du village, à la limite du comté : le “Vieux Château”.

LE VIEUX CHÂTEAU

Le “Vieux Château” (1) n’est qu’une ruine à peine visible sur un rocher dominant à 450 m. la vallée de la Sarre Rouge.

On peut y accéder à partir du “Pont Rouland” (pont sur la Sarre après l’ancienne scierie du Rommelstein) en gravissant la montagne en suivant la plus forte pente ; ou à partir de la Croix Guillaume, en suivant la route forestière pendant environ 1 km., puis en prenant un chemin secondaire à droite sur lequel une pancarte du Club Vosgien indique “Le Vieux Château”.

Sur le rocher, très escarpé sur trois côtés, quelques bases de mur subsistent, ainsi qu’un montant de porte. Au pied du rocher, de nombreux éboulis provenant de l’effondrement de l’édifice, et une citerne presque entièrement comblée rappelant celle de la Cancelay.

Les historiens et les archéologues se sont longuement interrogés sur l’origine de cette construction. On y aurait trouvé des sculptures romaines, mais personne ne sait ce qu’elles sont devenues. Marcel Lutz, l’ancien conservateur du Musée de Sarrebourg, y voyait une fortification protohistorique.

Il semble que le mystère soit éclairci depuis la découverte aux Archives Départementales du Bas-Rhin (Document G 735) d’un dessin colorié daté du 21 Juillet 1605, représentant les limites du comté de Dabo et celles du Prieuré de Saint-Quirin dans le bois, longtemps contesté, du Streitwald (“Bois de la Querlle”).

Plan de 1605

Le Vieux Château est indiqué par la mention “Ischitt das alt Schloss”( “C’est le Vieux Château”). Il est représenté sur un rocher abrupt, avec une enceinte entourant deux bâtiments à pignons dont l’un est surmonté d’une bannière (résidence seigneuriale) et l’autre d’une croix (chapelle).

Il s’agit donc bien d’un petit château féodal surveillant la vallée de la Sarre Rouge ; il servait de résidence occasionnelle aux comtes de Dabo et affirmait leurs droits sur cette région contestée. Il n’est pas impossible qu’il fut utilisé comme pavillon de chasse.

Au XVI° siècle, les comtes de Dabo se convertirent au Protestantisme et les Bénédictins de Saint-Quirin refusèrent de les reconnaître comme leur avoué (2). S’en suivit une querelle (d’où le nom de la forêt en cause) qui trouva son épilogue par cette convention de 1605 à laquelle était attaché le dessin, et par laquelle les deux partis fixaient la frontière entre leurs domaines (cette limite est encore aujourd’hui la limite entre les communes d’Abreschviller et de Saint-Quirin dans ce secteur).

Déja appelé “Vieux Château” sur le document de 1605, on est en droit de penser que cette fortification est très ancienne ; la première construction est peut-être romaine, puis les seigneurs de Dabo l’auraient aménagée en fonction de leurs besoins. Les quelques constructions qu’on peut encore y voir sont certainement du XII° ou XIII° siècle. La base du rocher a probablement été utilisée comme abri à l’époque préhistorique ( comme à la Roche du Diable).

Peut-être le “Vieux Château” fut-il aussi un point d’appui militaire permettant de surveiller les villages d’Abreschviller et de Voyer mal intégrés au comté et d’assurer ainsi la cohésion du fief du comte de Dabo.

rocher du Vieux Château

POPULATION

Abreschviller était un village très ouvert sur l’extérieur où la population était assez mobile.

En 1613, Dabo, Walscheid et Abreschviller comptaient environ 200 habitants chacun. A cause de la Guerre de Trente Ans, la population diminua et les concessions des comtes firent revenir de nouveaux habitants.

En 1680, les guerres ayant fait leurs ravages, malgré l’arrivée d’immigrants, Abreschviller ne comptait plus que 35 familles (environ 200 habitants).

Pour l’année 1764, Colle (3) n’attribue que 40 feux à Dabo, 27 à Walscheid, 30 à Abreschviller et 10 à Voyer. Ces chiffres semblent très contestables.

Sous l’Ancien Régime, il n’existait pas de véritables recensements. Au XVIII° siècle, une idée fréquemment avancée était que le monde se dépeuplait.

En 1721, Montesquieu prêtait à un personnage des “Lettres Persannes” (4) le propose suivant : “Comment le monde est-il si peu peuplé en comparaison de ce qu’il était ? ... Après un calcul, ... j’ai trouvé qu’il y avait sur la Terre la cinquantième partie des hommes qui y étaient du temps de César ... “. Cette dépopulation est un mythe.

Deux faits nous incitent à douter des chiffres avancés par Colle :

  • sous la Révolution, la France s’est centralisée, l’administration s’est développée, la conscription est devenue obligatoire. Autant d’éléments qui permettaient de recenser la population avec une certaine précision. Or, en 1804, l’administration du département de la Meurthe relevait les chiffres suivants :
    • Dabo : 1.471 habitants ;
    • Abreschviller : 1.444 habitants ;
    • Walscheid : 1.273 habitants ;
    • Voyer : 500 habiants.
  • La population d’Abreschviller aurait décuplé en 40 ans ?
    • en 1774 (5), l’Inspecteur des Ponts et Chaussées de Saverne écrit : “L’église (d’Abreschviller) est trop petite et peut à peine contenir un tiers des paroissiens ... “. Or, cette église a une surface au sol de 176 M2 (environ 17 m. x 10 m.) ; on peut raisonnablement estimer que 250 personne devaient pouvoir y prendre place. Si l’estimation de l’Inspecteur de Saverne est juste, il n’est pas déraisonnable de penser que ce village devait être peuple d’au moins 750 personnes auxquelles il convient d’ajouter les habitants de la Valette, Grand Soldat, Wassersoupe et Kisythal.

Il convient de noter que de nombreux immigrants installés à Abreschviller aux XVII° et XVIII° siècles étaient d’origine française, picarde, savoyarde, valdotine et même méridionale, et que l’usage du français s’y développait aux dépens du francique.

LA VIE RELIGIEUSE

La paroisse d’Abreschviller fut une annexe de Walscheid à partir du XVI° siècle, alors qu’elle avait été autonome auparavant. La diminution de la population et le manque de prêtres expliquent cette situation.

Dès 1713 (6), un vicaire (7) résidait à Abreschviller. Le 14 Juillet 1738, Abreschviller redevint une paroisse autonome dont dépendait Voyer. Il n’y avait qu’une église pour les deux villages : elle se trouvait là où se trouve actuellement la chapelle du cimetière.

Dès cette époque, les habitants souhaitaient que soit construite une nouvelle église dans le village, l’ancienne étant trop loin et en trop mauvais état.

En 1774, le maire Jean Restignat, craignant que le curé Jacques Médicus, qui possédait une certaine fortune, vint à mourir avant que la décision de construire une nouvelle église fut prise, poussait pour activer les choses.

La décision fut prise en 1777 : le curé Médicus put alors payer le choeur et la sacristie selon l’usage. Il décéda le 14 Mars 1781 à l’âge de 70 ans et fut inhumé à l’entrée du cimetière.

Les paroissiens eurent à payer le reste de l’église en 4 ans.

Les travaux commencèrent en 1780 et se terminèrent en 1788. L’église fut dédiée à Saint-Pierre-aux-Liens.

Les premières places à l’église furent attribuées aux donateurs en fonction de leur générosité pour la construction de l’église (8) ; on relève alors, par “ordre de mérite”, les noms suivants : Verniory Père - Jean-Baptiste Chatrian -Pierre Bournique (laboureur) (9) - Nicolas Jordy Père - Pierre Bournique (maître de forge) - Joseph Bournique (maire) - Pierre Distrophe - Jean Restignat (ancien maire) - Nicolas Bournique.

L’ancienne église du cimetière fut abandonnée par le culte. Quant aux habitants de Voyer, ils se firent construire une église au centre de leur village.

La séparation des paroisses d’Abreschviller et de Walscheid est bien le signe du développement d’Abreschviller. De plus, l’usage du français s’y développait alors que Walscheid restait fidèle au francique (10).

De style baroque, mais sans excès, de taille considérable (trois fois plus grande que l’église qu’elle devait remplacer), l’église d’Abreschviller est le symbole de la richesse de ses habitants (et de leur orgueil).

A la veille de la Révolution, Abreschviller est un village en plein développement où apparait une petite bourgeoisie rurale qui se montre contestataire (11) et très ouverte aux “idées nouvelles”.

(1) Voir l’article de Jean Braun dans la Revue du Club Vosgien-1981 : “Le Vieux Château d’Abreschviller, ruine féodale, édifice romain ou fort protohistorique ?”

(2) Avoué : seigneur qui avait la charge de protéger les monastères et d’exercer à la place des religieux certaines fonctions judiciaires, militaires et administratives. L’avoué tirait de substentiels bénéfices de cette fonction. Les services à rendre au monastère étaient souvent oubliés par l’avoué, mais les bénéfices ne l’étaient jamais.

(3) Colle : “Notice sur le comté de Dabo”-1852-Page 34

(4) J.Dupâquier : “Histoire de la population française”-Tome II-P.56

(5) Abbé H. Staudt : Abreschviller, hier et aujourd’hui”-Page 52.

(6) idem-Page 41 sq.

(7) Vicaire : prêtre qui seconde le curé d’une paroisse.

(8) Cette tradition était un puissant stimulant de la générosité des fidèles.

(9) Laboureur : paysan riche possédant ses terres et son train de culture.

(10) Francique : appelée parfois “platt”, cette langue est différente de l’alsacien et remonte probablement aux Francs de l’époque de Charlemegne.

(11) Contestataire, comme le montre le “Procès des Corvées” et le “Procès de la grasse pâture” qui opposa, à partir de 1774, les gens d’Abreschviller aux Comtes de Dabo et à ses représentants. (cf. “Le comté de Dabo”).

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